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MESSAGE DES JEUNES ACTIVISTES ENVIRONNEMENTAUX ADRESSE A LA PRESIDENTE DE L’ASSEMBLEE NATIONALE DE LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

« NON A TOUTE INITITATIVE VISANT A DÉSAFFECTER OU DÉCLASSER LES PARCS NATIONAUX DE SALONGA ET VIRUNGA OU UNE DE LEURS PARTIES POUR L’EXPLOITATION DU PETROLE AU PRÉJUDICE DE L’HUMANITÉ ET DES COMMUNAUTÉS LOCALES EN RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO »  

 

 

A l’Honorable Présidente de l’Assemblée Nationale, à Kinshasa LINGWALA,

 

Honorable Présidente,

 

Nous, jeunes Congolais œuvrant au sein des différentes organisations de la société civile environnementale, les jeunes Universitaires, étudiants et activistes de l’environnement et Développement Durable réunies au sein de la « Dynamique des Jeunes pour l’Environnement et le Développement Durable » DYJEDD en sigle.

 

Avons appris avec regret  que le Gouvernement  sortant encouragerait  une initiative très dangereuse à  travers des notes  Référencées N°M-HYD/ANM/PNI/hnb/0382/CAB/MIN/2018 et N°M-HYD/ANM/PNI/hnb/0383/CAB/MIN/2018 de Mars 2018 envisageant un projet  de désaffectation d’une partie du Parc National de la Salonga  et cuvette centrale couvrant le bloc II et d’une  autre du Parc National de Virunga couvrant les blocs pétroliers IV et V, tous sites du Patrimoine Mondial de l’UNESCO et sites RAMSAR.

 

Conformément aux prescrits de l’article 27 de la Constitution de la République Démocratique du Congo, « Tout Congolais a le droit d’adresser individuellement ou collectivement une pétition à l’autorité publique qui y répond dans les trois mois. Nul ne peut faire l’objet d’incrimination sous quelque forme que ce soit pour avoir pris pareille initiative » principalement et en suite en vertu des dispositions  constitutionnelles et légales suivantes, de l’article 59 de notre constitution qui disposent que : « tous les congolais ont le droit de jouir du patrimoine commun de l’humanité.l’Etat a le devoir d’en faciliter la jouissance » , de l’ article 9 de la loi n° 11/009 portant principes fondamentaux relatifs à la protection de l’environnement  qui stipule que « Toute personne a le droit de participer au processus de prise de décision en matière d’environnement et de gestion des ressources naturelles. Le public participe au processus d’élaboration par des autorités publiques des politiques, programmes, plans et règlements relatifs à l’environnement dans un cadre transparent et équitable défini et mis en place par lesdites autorités. Le public concerné a également le droit de participer, dès le début et tout au long du processus de prise de décisions qui ont une incidence sur son existence ou peuvent avoir un effet important sur l’environnement, notamment les décisions en matière d’aménagement ».

 

Nous, jeunes Congolais œuvrant au sein des différentes organisations de la société civile environnementale, les jeunes Universitaires, étudiants et activiste de l’environnement réunies au sein de la « Dynamique des Jeunes pour l’Environnement et Développement Durable » DYJEDD en sigle, sommes ceux que vous dites toujours que « la jeunesse est l’avenir de demain ».

 

Conscient que cet avenir doit se préparer aujourd’hui et maintenant tout en prenant en compte les enjeux climatiques et les défis du développement durable, il revient au Gouvernement de pouvoir valoriser les différents services que rendent nos forêts sur le plan climatique pour l’Humanité, le bien-être de nos communautés locales et peuples autochtones que de vouloir saper les efforts et les engagements qui qualifient la RDC notre pays comme deuxième puissance écologique mondiale.

 

Des motivations avancées par le Gouvernement évoquant la souveraineté de l’Etat, le droit au développement reconnu aux  Congolais, la supposition de l’existence d’une valeur économique de 7 Milliards de Dollars et autres sans mener des études approfondies au préalable pour évaluer les impacts socio-économiques et environnementaux.

 

Honorable Présidente, la souveraineté appartient au peuple que nous sommes et celle-ci ne serait pas exercée contre le peuple. A lire les notes (Référencées N°M-HYD/ANM/PNI/hnb/0382/CAB/MIN/2018 et N°M-HYD/ANM/PNI/hnb/0383/CAB/MIN/2018 de Mars 2018), nulle part la question des populations locales ni une préoccupation sur les droits, la nécessité de développer une économie durable fondée sur le tourisme, et les autres alternatives économiques existantes qui proviennent des services écosystémiques conservés  dans les aires protégées (l’eau, la forêt, la régulation du climat, …), n’y sont pas avancé alors que les droits et vie des paysans en dépendent.

 

 

Honorable Présidente, la RDC, gagne et gagnera plus dans le développement des activités d’économie verte, le tourisme et la capitalisation des investissements de développement durable mise en œuvre par les Parcs Nationaux de Salonga, Virunga, et par toutes les autres aires protégées et patrimoine Mondial de l’ Unesco qui forment l’Héritage Naturel de ce grand pays. C’est possible et l’humanité tout entière gagnera. 

 

Aujourd’hui, alors que nous sommes en train d’attendre la sortie d’un nouveau Gouvernement qui prendrait en compte les aspirations du peuple, il y aurait des nors qui continuent à se lever comme quoi le prochain gouvernement voudrait bien poursuivre ce projet dangereux de l’exploitation de pétrole dans les parcs nationaux de Salonga et Virunga.

 

Honorable Présidente, selon les estimations des chercheurs, la RDC disposerait plus de 21 blocs pétroliers à travers l’ensemble de la cuvette centrale ; pourquoi le gouvernement n’irait-il pas lancer  cette opération d’exploration du pétrole ailleurs au lieu et place de déclasser les parties des aires protégées ?

 

Honorable Présidente, comme vous le savez, la RDC a pris l’engagement d’œuvrer pour la mise en œuvre de l’accord de Paris, la convention sur la diversité biologique (prenant même des dispositions d’augmenter ses espaces des aires protégées de 15 à 17%, Cfr. PNFEB II)[1], la sauvegarde de l’Environnement, la promotion et protection des droits des paysans, le développement durable et dans votre programme, la question fait le centre de votre politique.

 

Eu égard à la position actuelle du Gouvernement Congolais, nous jeunes Congolais œuvrant au sein des différentes organisations de la société civile environnementale, les jeunes Universitaires, étudiants et activiste de l’environnement réunies au sein de la « Dynamique des Jeunes pour l’Environnement et Développement Durable » DYJEDD en sigle, disons NON A TOUTE INITITATIVE VISANT A DESAFFECTER OU DECLASSER LES PARCS NATIONAUX DES SALONGA ET VIRUNGA OU UNE DE LEURS PARTIES POUR L’EXPLOITATION DU PETROLE.

 

Par conséquent, nous veillerons à cette position et  resterons favorable à toute initiative respectueuse de la nature au profit de toutes les générations.

 



[1] PNFEB II : Programme National Forêt, Eau et Biodiversité, 2ème génération.